Le plafond de verre
Le « plafond de verre » n’est pas seulement une barrière sociale ou hiérarchique. C’est aussi une barrière en nous, que nous nous imposons inconsciemment à nous-même. Un seuil invisible que l’on ne parvient pas à franchir, rarement par manque de compétence, mais le plus souvent par peur, fatigue ou isolement. D’après Viktor Frankl, ce sont souvent nos représentations mentales qui nous limitent plus que la réalité. Le premier pas, c’est de voir ce plafond. Le second, c’est de le nommer. Le troisième, c’est de le traverser.
Ce premier pas n’est pas si simple : il est très difficile de voir son propre plafond de verre. On peut le percevoir au moment où l’on réalise qu’on a atteint les limites de son propre système. Quand le modèle de réussite qu’on s’est construit ne suffit plus. Quand le corps dit stop. Quand l’envie s’émousse. Mais le plus souvent, c’est quand l’entourage nous renvoie une image qu’on ne reconnaît plus.
En entreprise, la promotion interne pousse chacun vers son seuil de niveau de compétence, au risque paradoxal de voir l’entreprise dirigée par des personnes qui sont arrivées à leur seuil d’incompétence et qui se trouvent, souvent inconsciemment, en échec. Pourquoi ? parce qu’on demande au chef d’entreprise d’être visionnaire et planificateur, promoteur et gestionnaire, leader et empathique, exemplaire et encourageant, audacieux et prudent, commercial et fédérateur. Personne ne possédant toutes les qualités requises, personne ne pouvant exceller dans toutes ces domaines, le dirigeant d’entreprise a forcément un plafond de verre qu’il voit ou ne voit pas. D’où l’importance que ce dirigeant d’entreprise soit accompagné comme un sportif de haut niveau : par une équipe de confiance et un staff (préparateur mental et physique, nutritionniste, coach) dont la fonction principale est de l’aider à voir son plafond de verre, à le nommer et à le traverser.
L’obstacle est invisible, mais réel. Et pour avancer, il faudra le voir, le nommer, et le traverser.